Présentation des domaines nationaux de Sainte-Hélène

Présentation des domaines nationaux de Sainte-Hélène

mercredi 31 mai 2017

Il y a deux cents ans.... une armée sur pied, pour intimider la canaille





Texte original recopopié pour les archives du Gouverneur Sir Hudson Lowe

31st May 1816.

We observed that we considered it necessary not to yield too much to the People, nor as if it had been done by fear, that a parliamentary reform we thought one of the most dangerous thing would be consented to – once grant that, We said and God knows how far things may go on perhaps to a revolution.  Perhaps it was necessary that the Habeas Corpus Suspicion Act[1] might be required at a time and also that an army should be kept up for some time in order to indermediate the  canailles but He considered that Suspension as only a topical remedy and one which if used without General remedies which would act upon the constitutional disease might prove repellent  and dangerous by driving the complaint upon noble parts that the only radical remedy would be one which would offer the constitution that is to say relieve the misery that existed – this could only be done by getting a part for our manufacturers and by those who hold the sinecures giving them up.
_________________

Cette page a été utilisée dans « the Voice… » d’O’Meara et traduite en 1822[2] :
[3][J'ai donné à Napoléon la traduction d'une lettre qui a paru dans le Courrier, qu'il m'avait demandée; et, après l'avoir lue, il prétend qu'elle a été écrite par le gouverneur lui-même, et que l'apparente incorrection d'une partie n'est qu'un moyen d'en cacher le véritable auteur.]

Il parla alors longtemps de la situation de l'Angleterre, observant qu'il ne faut pas trop céder à la volonté du peuple, ni lui laisser croire que les concessions qu'on lui fait sont amenées par la crainte; que, peut-être, la suspension de l’habeas corpus serait pour quelque temps une mesure convenable, à l'aide d'une armée sur pied, pour intimider la canaille. «Mais, a-t-il dit, je ne considère cela que comme des topiques qui, si on ne les emploie avec des remèdes généraux, agissent sur la maladie constitutionnelle d'une manière contraire, et  deviennent répercutifs et dangereux, en portant le mal vers les parties nobles. L'Angleterre peut être comparée à un malade dont l'état exige que le cours de la maladie soit détourné par l'usage du mercure. Le seul remède efficace est celui qui attaquera le mal en sa racine ; c'est-à-dire qui fera cesse la misère qui existe. On ne parviendra à cela qu'en procurant un débouché à vos manufactures et en réduisant les dépenses. Dans ce cas, les ministres devront donner eux-mêmes l'exemple du désintéressement, en renonçant aux sinécures, etc.





[1] Wikipédia : L’ordonnance ou mandat d’habeas corpus (en anglais writ of habeas corpus), plus exactement habeas corpus ad subjiciendum et recipiendum, énonce une liberté fondamentale, celle de ne pas être emprisonné sans jugement (contraire de l'arbitraire qui permet d'arrêter n'importe qui sans raison valable). En vertu de ce principe, toute personne arrêtée a le droit de savoir pourquoi elle est arrêtée et de quoi elle est accusée. Ensuite, elle peut être libérée sous caution, puis amenée dans les jours qui suivent devant un juge.
Ses origines remontent à la Rome antique avec la provocatio, qui en est le précurseur, et son principe moderne naît dans l’Angleterre du Moyen Âge. Depuis, elle a été renforcée et précisée de façon à apporter des garanties réelles et efficaces contre la détention arbitraire par l’Habeas Corpus Act (« la loi d’Habeas Corpus ») de 1679. Devenue un des piliers des libertés publiques anglaises, elle s’applique dans les colonies et reste au xxie siècle présente dans la plupart des pays qui appliquent la common law. Aux États-Unis, elle a valeur constitutionnelle, ne pouvant être suspendue qu’en temps de guerre. En revanche, au Royaume-Uni, elle est restée strictement anglaise, ne s’appliquant ni en Écosse, ni en Irlande du Nord.
[2]  Barry E. O'Meara, Napoléon en exil ou l'écho de Sainte-Hélène, ouvrage contenant les opinions et les réflexions de Napoléon sur les événemens les plus importants de sa vie recueillies par son dernier chirurgien, Imprimerie de Constant-Chantpie, 1822
[3] Texte qui n’apparait pas dans le rapport adressé à Lowe








Lorsque la France Libre rencontre l’exil napoléonien, par Jean Mendelson

À l’occasion des activités liées au bicentenaire de l’arrivée de Napoléon à Sainte-Hélène, Son Excellence l’Ambassadeur, Jean Mendelson était venu à Sainte-Hélène au mois d’octobre 2015 en qualité de représentant du Ministre des Affaires étrangères et du Développement international de la République française.  
À cette occasion, celui qui avait été directeur des Archives du Ministère des Affaires étrangères de 2006 à 2010 s’intéressa au livre d’or des domaines nationaux. Féru d’histoire, il s’arrêta plus longuement sur une page bien particulière.
Lors de notre dernière rencontre à Paris, il nous a présenté ses notes sur cette page qui l’intrigua. Sans son érudition et son immense curiosité, cette analyse m’aurait totalement échappée.
Merci Jean pour cette précieuse étude.



Ce qui attire le plus mon regard, ce sont les pages dans lesquelles la France Libre rencontre l’exil napoléonien. A la date du 15 septembre 1940, je découvre avec émotion les signatures suivantes :
« A. Patou, lieutenant de vaisseau, dissident » ;
« C. Burin des Roziers, lieutenant de vaisseau, Français libre » ;
« J. de Paray, commissaire de 1ère classe, et déserteur »;
« P. Michaut, enseigne de vaisseau, Français libre »;
« G. Delaunay, enseigne de vaisseau, Pour Notre France libre »;
« d’Estienne de Chateauvieux, commandant le 1er groupe marin ».


La date du passage de ce groupe marin, et la définition différente que chacun des signataires se donne, indiquent qu’il doit s’agir de marins parmi les premiers à avoir rallié la France Libre. En tout cas, le premier signataire est sans doute le futur amiral et chef d’état-major de la marine André Patou. Ce dernier se trouvait en effet à Alexandrie au début de l’été 1940, et avait rejoint l’Angleterre et les Forces navales de la France Libre en passant par Le Cap ; il conduira le général de Gaulle en Normandie le 14 juin 1944, et sera fait Compagnon de la Libération ; le second signataire doit être le futur amiral Claude Burin des Roziers ; pour le quatrième, j’ai trouvé trace à Alexandrie, sur le même croiseur Tourville que Patou, d’un enseigne de vaisseau, Pierre Michaut, « mort pour la France » en 1942 dans le Golfe du Mexique à bord du sous-marin Surcouf. Quant à leur commandant, il doit s’agir ni plus ni moins de « celui qui croyait au ciel » immortalisé par Aragon dans La Diane française (La rose et le réséda) aux côtés de « celui qui n’y croyait pas », Gabriel Péri. Car Honoré d’Estienne d’Orves se trouvait, lui aussi, à Alexandrie lors de l’armistice, et il avait choisi de rejoindre la France Libre en adoptant le nom d’une aïeule, Chateauvieux ; dès décembre 1940, il partira en mission en France occupée, sera fait prisonnier le mois suivant et fusillé en août 1941, puis fait Compagnon de la Libération à titre posthume. Tant d’histoires et de symboles se croisent dans ce livre d’or de Sainte-Hélène !



A la même page, je découvre une lettre bouleversante, sur papier libre, adressée à Georges Colin, qui fut l’agent consulaire de France à Sainte-Hélène entre 1919 et 1945. Je la retranscris ci-dessous telle quelle :
« Jamestown, le 3 mai 1942 (on remarque un timbre de la France libre : un V en bleu marine sur fond bleu ciel, un nuage blanc sur la pointe gauche du V, un coq rouge sur sa branche droite).
Cher Monsieur Colin,
Avant de lever l’ancre, je tiens encore à venir vous adresser un remerciement ému pour l’affectueuse, encourageante réception que vous avez su ménager à des Français exilés de leur pays depuis de si longs mois. Grâce à vous, nous avons pu nous retremper dans cette patriotique atmosphère que vous avez su garder autour de Sa tombe. Comme vous et bien d’autres vrais Français de France, nous regrettons que l’on n’ait écouté les Poètes qui eussent voulu qu’on Le laisse ici : Il n’aurait pas subi cette salissure de la sentinelle teutonne à Sa tombe.
Croyez en tout cas que tous à bord nous sommes fiers de faire un peu pour aider à ce que cet ‘’étron germanique’’ soit balayé de notre Paris.
Pardonnez-moi cette audace de style et croyez-moi, avec mon état-major et mon équipage, en toute communauté de foi patriotique avec vous. Je vous serre bien amicalement la main et présente encore mes respects à Madame (signature peu lisible : « le capitaine Carron » (?) ; suivent les signatures de chaque membre de l’équipage du Capo Olmo).


Le Capo Olmo est un navire marchand italien qui a une histoire très particulière. En provenance d’Amérique du Nord chargé de marchandises pour l’Italie, il avait fait escale à Marseille au début de juin 1940, quelques jours avant le fameux « coup de poignard dans le dos », la déclaration de guerre de l’Italie mussolinienne à la France alors envahie par les armées allemandes. Saisi aussitôt par l’autorité maritime du port de Marseille, il fut considéré comme prise de guerre et intégré à un convoi maritime français pour l’Afrique du Nord ; nommé à la tête de ce navire qui n’eut pas même le temps d’être débaptisé, le commandant Vuillemin recruta de nombreux marins - parmi lesquels le futur général Jean Simon, plus tard Grand chancelier de l’Ordre de la Légion d’Honneur, et l’administrateur colonial Pierre Messmer, futur Premier ministre sous la présidence de Georges Pompidou - et, à peine en haute mer, parvint à quitter le convoi pour rejoindre Gibraltar, où il eut toutes les peines du monde à convaincre les autorités britanniques de ne pas saisir ce bâtiment « ennemi », car considéré comme italien. Le Capo Olmo, transformé aux chantiers de Liverpool en un cargo de transports de troupes, fut ainsi le premier bâtiment de la France Libre - sa cargaison, destinée à l’origine à l’Italie, fut vendue et servit aux finances d’une France Libre encore balbutiante - ; il devait sillonner l’Atlantique pendant tout le conflit en échappant jusqu’au bout, par miracle, à la flotte allemande.

Jean Mendelson

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Pour plus de renseignements, à lire la page relatant l'escale dans : 

Honoré d'Estienne d'Orves

Couverture

Il y a deux cents ans... une armée sur pied, pour intimider la canaille

Napoléon à son docteur, Barry O'Meara





Texte original recopié pour les archives du Gouverneur
31st May 1816.

We observed that we considered it necessary not to yield too much to the People, nor as if it had been done by fear, that a parliamentary reform we thought one of the most dangerous thing would be consented to – once grant that, We said and God knows how far things may go on perhaps to a revolution.  Perhaps it was necessary that the Habeas Corpus Suspicion Act[1] might be required at a time and also that an army should be kept up for some time in order to indermediate the  canailles but He considered that Suspension as only a topical remedy and one which if used without General remedies which would act upon the constitutional disease might prove repellent  and dangerous by driving the complaint upon noble parts that the only radical remedy would be one which would offer the constitution that is to say relieve the misery that existed – this could only be done by getting a part for our manufacturers and by those who hold the sinecures giving them up.
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Cette page a été utilisée dans « the Voice… » d’O’Meara et traduite en 1822[2] :
[3][J'ai donné à Napoléon la traduction d'une lettre qui a paru dans le Courrier, qu'il m'avait demandée; et, après l'avoir lue, il prétend qu'elle a été écrite par le gouverneur lui-même, et que l'apparente incorrection d'une partie n'est qu'un moyen d'en cacher le véritable auteur.]


Il parla alors longtemps de la situation de l'Angleterre, observant qu'il ne faut pas trop céder à la volonté du peuple, ni lui laisser croire que les concessions qu'on lui fait sont amenées par la crainte; que, peut-être, la suspension de l’habeas corpus serait pour quelque temps une mesure convenable, à l'aide d'une armée sur pied, pour intimider la canaille. «Mais, a-t-il dit, je ne considère cela que comme des topiques qui, si on ne les emploie avec des remèdes généraux, agissent sur la maladie constitutionnelle d'une manière contraire, et  deviennent répercutifs et dangereux, en portant le mal vers les parties nobles. L'Angleterre peut être comparée à un malade dont l'état exige que le cours de la maladie soit détourné par l'usage du mercure. Le seul remède efficace est celui qui attaquera le mal en sa racine ; c'est-à-dire qui fera cesse la misère qui existe. On ne parviendra à cela qu'en procurant un débouché à vos manufactures et en réduisant les dépenses. Dans ce cas, les ministres devront donner eux-mêmes l'exemple du désintéressement, en renonçant aux sinécures, etc.




[1] L’ordonnance ou mandat d’habeas corpus (en anglais writ of habeas corpus), plus exactement habeas corpus ad subjiciendum et recipiendum, énonce une liberté fondamentale, celle de ne pas être emprisonné sans jugement (contraire de l'arbitraire qui permet d'arrêter n'importe qui sans raison valable). En vertu de ce principe, toute personne arrêtée a le droit de savoir pourquoi elle est arrêtée et de quoi elle est accusée. Ensuite, elle peut être libérée sous caution, puis amenée dans les jours qui suivent devant un juge.
Ses origines remontent à la Rome antique avec la provocatio, qui en est le précurseur, et son principe moderne naît dans l’Angleterre du Moyen Âge. Depuis, elle a été renforcée et précisée de façon à apporter des garanties réelles et efficaces contre la détention arbitraire par l’Habeas Corpus Act (« la loi d’Habeas Corpus ») de 1679. Devenue un des piliers des libertés publiques anglaises, elle s’applique dans les colonies et reste au xxie siècle présente dans la plupart des pays qui appliquent la common law. Aux États-Unis, elle a valeur constitutionnelle, ne pouvant être suspendue qu’en temps de guerre. En revanche, au Royaume-Uni, elle est restée strictement anglaise, ne s’appliquant ni en Écosse, ni en Irlande du Nord.
[2]  Barry E. O'Meara, Napoléon en exil ou l'écho de Sainte-Hélène, ouvrage contenant les opinions et les réflexions de Napoléon sur les événemens les plus importants de sa vie recueillies par son dernier chirurgien, Imprimerie de Constant-Chantpie, 1822


[3] Texte qui n’apparait pas dans le rapport adressé à Lowe

mardi 30 mai 2017

Cinq nouvelles gouaches du Chinois dans les collections des domaines


Offertes par Jean-Paul Mayeux à la Fondation Napoléon pour mise en dépôt à Sainte-Hélène, cinq gouaches du Chinois viennent enrichir les collections des domaines nationaux.


Si nous connaissions d’autres représentations de la Tombe et de Napoléon (拿破) sur son lit de mort, nous n’en avions pas d’équivalent pour les représentations de Jamestown et des Briars. Elles constituent donc un ensemble unique et contemporain de l’exil et des années durant lesquelles le corps de Napoléon était encore sur l’île.  



Il y a deux cents ans... Un Elbois à sainte-Hélène, entre femme légitime au pays et maitresse sur l'île

Un des serviteurs de Napoléon, Angelo Gentilini est pris en tenaille entre sa femme légitime restée à l'île d'Elbe et sa maitresse (de cette année là.. il en changera ensuite) sur l'île, Madame Snell.


Le Bon docteur O'Meara va tout arranger avec la complicité du Gouverneur toujours très compréhensif dès qu'il s'agit d'affaires intimes. 




texte original

In a note of the 30th  Dr. O’Meara relating to ------- which Gentilini, one of Bonaparte’s Valets wished to obtain or ---, Dr. O’Meara said to major Gorrequer

     “I have fully explained the contents of your note to Gentilini, who is extremely thankful for the trouble His Excellency has been pleased to take about his little affair & begged to offer his most humble & grateful thanks, particularly for his condescension in writing himself to his Wife”  I have also given him the Third Bill of Exchange”   

lundi 29 mai 2017

Il y a deux cents ans...Pendant ce temps, le Comte de Survilliers aux USA

Des soupçons provenant des Etats-Unis... le frère ainé de Napoléon.




Texte original


Gorden Town
May 29th 1817.

Sir,
The Count of Survilliers does not understand nor read the English, therefore he told me to translate the Letter you directed to him on the 27th Inst. and in answer I must tell you that he is entirely ignorant of the Interviews which you may have had with some Persons, and as to what refers to him in particular, he has made it a Rule, not to interfere in the Business you allude to.
Yr. Obdt. Servt.
Jas. Garret

Mr. Jessi Hawkins

The name assumed by Joseph Buonaparte in the United States.


C. Bagot

dimanche 28 mai 2017

Il y a deux cents ans... Napoléon à Sainte-Hélène, "c’est trop fort [d]'envoyer ici une telle bête"

Napoléon à Sainte-Hélène, "c’est trop fort [d]'envoyer ici une telle bête"



Texte original


St. Helena
28th May 1817.

My Lord,
Every thing remains here in the same state as when I last had the honor to address Your Lordship.  General Bonaparte continues in good health and tranquil. He has been very sensible on a letter has appeared in one of the Papers from the Marquis Montchenu remarking “c’est trop fort envoyer ici une telle bête” to a settlement belonging to a Rival nation, to render him an object of  Contempt and confirm the English in their old prejudices that the French were a nation of dancing Masters.  
Dr. O’Meara to whom the observation was made, might have with great justice remarked that some of his own General Officers form their Insolences, Vulgarity & protections, not set off by much more talent than what the Marquis possesses rendered them fitter objects of general prejudice than his follies; but Dr. O’Meara is I fear too prone to receive without opposition and admire what is said to him.

I have the honor &c.
H. Lowe

Lieutenant-General

Il y a deux cents ans... visite dominicale

Monsieur Balcombe était à Longwood ce dimanche 26 mais seulement pour rencontrer le Comte Bertrand






Texte original

Longwood

28th May 1817.

Mr. Balcomb was at Longwood on Sunday (26 Inst) & at Count Bertrand’s only.


T. Poppleton

samedi 27 mai 2017

Il y a deux cents ans... du vin du Medoc pour Longwood

La dernière fois, le gouverneur a eu la gentillesse de nous laisser du Medoc qui est maintenant presque fini. S'il y en a encore, seriez-vous assez bon d'en faire une demande pour nous.




Texte original

27 May   Longwood

My dear Gorrequer

The last time the Governor was kind enough to let us have (Medoc) is now near part. If there is any to spare will you be good enough to make the request for us.

Yours sincerely

T. Poppleton

jeudi 25 mai 2017

Il y a deux cents ans... confusion administrative: bateau ou pas bateau ?

Typique des tracasseries de la détention: les officiers britanniques sur l'île n'eurent de cesse de mal communiquer entre eux. Bateau ? vous avez dit bateau... non je n'ai pas dit bateau etc... 






Texte original

My dear Sir,
I certainly did say I would speak to the Admiral after I had heard from you, but I
did not mention a word about a Boat – all I said was that after I had received your directions what was to be done, I would then mention to the Admiral & would let him know about it.

Yours faithfully
T. Reade

25 May






mercredi 24 mai 2017

Il y a deux cents ans...fausse alerte

Je ne peux pas éviter d'avoir l’impression que le navire mentionné dans la dernière partie du message de la station météorologique n'avait rien à faire dans ce voisinage.  Le télégraphiste basé à Plantation House dit que c'est la goélette qui a été vue à 2 lieues de distance hier. Il me dit aussi que la veille, il a vu le « Levret » à 16 Ligues de distance, mais qu’il s’était trompé sur son apparence, et qu’il s’agissait en réalité du Brig de la Compagnie « le David ». Je vous prie de communiquer ce dernier point pour l'information de Votre Excellence et je serai obligé par votre avis sur le sujet.






Texte original


24th May 1817.

Sir,

I cannot avoid being under an impression the Vessel mentioned in the latter part of the weather signal has no business in this neighbour ---.  The Signal Man at Plantation House say it is the Schooner which was seen a 2 leagues distance yesterday & further tells me he saw Levret 16 Leagues distance on the day before, but was under the notion from her appearance, it was the Brig that came in company with the David.  I beg leave to communicate this latter point for Your Excellency’s Information & shall be obliged by the favour of your opinion on the subject.

mardi 23 mai 2017

Une fois de plus, le drapeau français est en berne à Longwood.

Même à Sainte-Hélène, l'horreur de l'attentat du 22 mai 2017 à Manchester n'est pas amoindrie par les distances. 



Le drapeau français est en berne à Longwood.



Il y a deux cents ans... ivre et bavard à Longwood

Il est absolument nécessaire que John Hall du régiment de Sainte-Hélène employé comme homme d'écurie [à Longwood] soit renvoyé car il est un personnage bavard et ivre. Ni Baron Gourgaud ni Archambault ne se plaignent de lui, bien qu'il ait été fréquemment comme décrit ci-dessus. Ayez la bonté de mentionner cela au gouverneur et dès qu'un autre le remplacera avec sa permission, je le renvoie à son Régiment.






Texte original
23rd May 1817.

Dear Gorrequer
It is absolutely necessary that a man of the Stables (John Hall of Saint-Helena Regiment) should be removed, being a quarrelsome & drunken character. Neither Baron Gourgaud or Archambault would make a complaint of him, although he has been frequently as above.  have the goodness to mention this to the Governor & as soon as another replaces him with permission I will send him to the Regiment.

Very truly Yours

T. Poppleton

lundi 22 mai 2017

Il y a deux cents ans... Le brigand de passage



Il y a deux cents ans... le vendredi 22 au soir, à environ 2 heures du matin. Une petite voile a été clairement vue au nord-ouest à une distance d'environ 16 ligues faisant  apparemment direction vers l'Ouest. Nous avons toutes les raisons de penser qu'il sagissait du "Brigand" ... 




Texte original

 On Friday the 22nd Instant about 2 P.M. a small sail was distinctly seen North West distant about 16 leagues steering apparently about West having every reason to think her a Brigand leaving at the same time a Brigand that morning sail from the Roads caused us to take no further notice of or make a report of her.  But learnt the next morning that the Brig which sailed was only Six leagues from the land at sunset as there were very light winds.  I did not see any more of this in consequence of a heavy squal passing in that direction – but was distinctly seen by.

John Croft 1st Signal Man
             Geo: Huskins 2nd  do. as also by the Serg’t. on Guard.

dimanche 21 mai 2017

Il y a deux cents ans... La fierté d'Hudson Lowe

Billet du Commissaire russe Balmain à Sir Hudson Lowe au sujet d'une lettre que Lowe ne cessa d'exhiber pendant ses cinq années de service à Sainte-Hélène





                Monsieur le Gouverneur,
                Me faisant un véritable plaisir de satisfaire votre curiosité, j’ai l’honneur de vous envoyer la lettre du général Gneisenau[1]. J’ose vous prier en même temps de ne pas oublier le voyage que vous avez eu la bonté de me promettre.
                Daignez, Monsieur le Gouverneur, agréez l’assurance de ma haute considération.
                Comte Balmain

St. James, ce 21 mai 1817




[1] Il s’agit d’une lettre que Lowe, alors Colonel détaché auprès des alliés anglais, avait reçue du Generalfeldmarschall prussien Wilhelm Antonius, comte Neidhardt von Gneisenau (né le 27 octobre 1760 à Schildau, près de Torgau - mort du choléra le 23 août 1831 à Posen) après avoir travaillé sous ses ordres en 1814.  


Voici le texte de la lettre en question :

AU MAJOR-GÉNÉRAL SIR HUDSON LOWE.

Hirschberg en Silésie, 23 novembre 1814.

Mon cher général,
C'est avec la plus grande satisfaction, mon très-cher et très-honoré général, que j'ai reçu votre lettre du 15 septembre, où vous me dites que vous conservez encore le souvenir d'un homme qui vous est infiniment attaché, et qui, dans le cours d'une campagne mémorable, s'il en fut jamais, a appris à apprécier vos rares talents militaires, votre profond jugement sur les grandes opérations de la guerre et votre imperturbable sang-froid le jour de la bataille. Ces rares qualités et votre honorable caractère m'enchaînent pour jamais à vous. Vous pourrez toujours vous vanter, général, d'avoir appartenu au petit nombre de ceux qui opposaient à de timides conseils une fermeté que ne pouvaient ébranler les revers soutenus; jamais vous ne vous êtes départi de la conviction que, pour ramener l'Europe à un juste et équitable équilibre, et pour renverser le gouvernement du jacobinisme impérial, il fallait s'emparer de sa capitale, sans cela il n'y avait aucune sécurité. L'événement a heureusement justifié vos calculs.
Les quatre puissances alliées sont encore, grâce à Dieu, dans la meilleure intelligence. Ce qui inquiète le plus la France, c'est la formation de nos nouveaux Pays-Bas, de ce formidable bastion qui prend si bien en flanc toute invasion que la France pourrait projeter en Allemagne, et qui, en même temps, sert de tête de pont pour votre passage par mer. Mais, quoique nos opinions coïncident en ce qui regarde le nouveau royaume des Pays-Bas, je ne puis envisager sous le même point de vue que vous la cession qui lui serait faite des États allemands situés entre la Moselle, la Meuse et le Rhin. Ce que nous avons arraché avec tant de difficulté des mains d'un voisin turbulent, nous ne pouvons le céder à un autre État étranger. L'Allemagne est un pays purement défensif, et par conséquent, vu sa nature pacifique, on ne saurait assez l'agrandir. Si ces provinces nous échéaient, nous essayerions d'être vos bons voisins, aussi fortement unis à vous par le sentiment de la reconnaissance nationale que par de saines vues politiques et des intérêts bien compris.
Votre nomination, mon cher général, doit vous mettre en rapports continuels avec le duc de Wellington. Vous m'obligerez infiniment de me servir d'intermédiaire pour présenter à ce héros les sentiments de respectueux hommage que j'éprouve pour lui. Par la circonspection avec laquelle il a conduit la guerre dans la Péninsule, il a préparé et amené l'état de choses qui a permis à l'Europe de s'émanciper elle-même; et ce fut après sa belle campagne contre Masséna, qu'on commença, en Russie, à croire à la possibilité de la résistance et à s'y préparer. La postérité reconnaissante comptera le duc de Wellington parmi les bienfaiteurs de la race humaine.
Comte de GNEISENAU,

Lieutenant-général

samedi 20 mai 2017

Il y a deux cents ans...

Mon silence ces dernières semaines s’explique par ma reprise des travaux de transcription systématique des volumes des "Lowe Papers" de la British Library…  J’ai entièrement fini les volumes suivants :
-          20, 115 - January-July 1816 ;
-          20, 116 - August-October 1816
-          20, 117 - November-December 1816

Et je travaille actuellement sur le volume 20, 118 - January-July 1817.

Pour me motiver et aussi pour vous permettre de participer à cette aventure (car il s’agit vraiment d’une aventure), je me propose chaque jour de poster une seule lettre, note ou message (si disponible en français, autrement, en anglais) daté d’exactement 200 ans… à commencer par aujourd’hui, ce 20 mai.

Ma sélection ne se fera pas en fonction de l’importance du sujet mais sera plus orientée sur les petites affaires de gestion du quotidien….


À vous, lecteurs de ce blog, de me motiver pour tenir le rythme. 

Je commence donc ce 20 mai par une lettre adressée il y a deux cents ans exactement par le Commissaire autrichien au Gouverneur, Sir Hudson Lowe



Rosemary Hall, ce 20 mai 1817

                Monsieur le Gouverneur,
                J’ai l’honneur de vous prévenir que j’ai renvoyé mon cuisinier. L’amiral Malcolm m’a promis de le prendre dès aujourd’hui à bord de son vaisseau et de lui donner un passage pour l’Angleterre sauf votre approbation.
J’ose vous prier en conséquence, Monsieur le Gouverneur, de me faire connaitre vos instructions afin que je puisse écrire à l’amiral en lui adressant mon cuisinier s’il peut le faire embarquer sur le NewCastle.
Madame de Stürmer vous serait bien reconnaissante si vous voulez bien lui envoyer une de vos voitures pour aller diner chez vous aujourd’hui car le temps est si mauvais qu’il ne lui sera guère possible d’y aller à cheval.
J’ai l’honneur d’être,
                Monsieur le Gouverneur
                Votre très humble et très obéissant serviteur,
                                Stürmer

lundi 8 mai 2017

Câble entre l'Angleterre et Sainte-Hélène... par une compagnie Française !

En travaillant aux Archives Ministère des Affaires étrangères et du développement International, j’ai scanné 2875 documents durant la journée...





Ce faisant, j’ai découvert des pans entiers de l’histoire de Sainte-Hélène que j’ignorais totalement comme, par exemple, l’implication de la France à la mise en place des câbles sous-marins qui furent utilisés pendant soixante-dix ans par la Compagnie « Cable & Telegraph » qui devint « Cable and Wireless »… 

Cérémonie anniversaire de la mort de Napoléon autour de sa Tombe à Sainte-Hélène

À Paris, aux Invalides, j’ai assisté aux cérémonies commémoratives liées à l’anniversaire de la mort de Napoléon. À Sainte-Hélène, de manière plus discrète, moins grandiose, plus intime. Une petite cérémonie a été organisée ce dimanche 7 mai autour de la Tombe, au fond de la vallée.

© Wise Monkeys Media Productions

À cette occasion, Merrill Joshua a lu le poème « Ode à Sainte-Hélène » de Lord Byron.













© Wise Monkeys Media Productions

Graeme Beckett a joué l’annonce des minutes de silence et le réveil.

© Susan O'bey













Susan O’Bey (au nom de la République française), Son Excellence, Lisa Phillips (au nom du Gouvernement de Sainte-Hélène) et Marcella Mittens (au nom de la Fondation Napoléon) ont fleuri la tombe de Napoléon.





© Wise Monkeys Media Productions





© Wise Monkeys Media Productions




La cérémonie s’est achevé par la «  Marseillaise » qui a été interprétée par des enfants de l’école secondaire « Harford » et les Scouts et Guides de  Longwood sous la direction de Teeny. 
© Wise Monkeys Media Productions





















Longwood House ensuite était restée ouverte gratuitement durant toute l’après-midi.